Loin de vouloir cracher dans la soupe, mais plutôt apporter un coup de projecteur sur des conditions de travail , celles des salariés du «hard discount». Ils travaillent chez Aldi, Lidl, Leader Price (Casino-Baud) ou Ed (Carrefour) : là d'où je viens..., ces casseurs de prix de l'alimentaire qui ont conquis 10% du marché en moins de quinze ans. Voir les Champions du Discount .

Jusqu'à 50% moins chers que les supermarchés classiques, ils ont d'abord séduit les pauvres, puis les autres. L'an dernier, selon l'institut d'études sur la consommation Secodip, 60% des ménages français ont fait leurs courses au moins une fois dans l'un des 3000 magasins discount. Le secret de cette réussite? Des coûts serrés au maximum. Vers la fin des années 90, le concept était de prospérer grâce à la crise. Pour vendre aux pauvres, on a embauché d'autres pauvres que l'on faisaient bosser à des cadences infernales. Le système repose sur une seule loi: l'hyperproductivité, mesurée en euros par heure travaillée. Ces ratios sont deux fois plus élevés que dans la grande distribution classique: jusqu'à 530 chez Aldi, 380 chez Lidl et Leader Price. «En tant que cadres, notre seul objectif est d'augmenter la productivité, c'est-à-dire faire tourner les magasins avec le moins de personnel possible. Pour y arriver, il faut faire travailler les gens plus vite, plus dur, et les pousser à se surpasser. Les responsables comme moi, qui encadrent les magasins effectuent régulièrement des journées de plus de dix heures. Les chefs de magasin peuvent travailler entre 50 et 70 heures par semaine, bien plus que ne le stipulent leurs contrats....

Ces cadences provoquent des accidents du travail en surnombre, ajouté à cela les agressions directes dues à la délinquance très présente dans nos magasins, le tableau n'est donc pas tout rose...

Le système tient grâce à un management centralisé et autoritaire, où le travail des salariés est régenté par des dizaines de procédures tatillonnes, le plus souvent impossibles à respecter. «Chaque niveau hiérarchique subit une telle pression qu'il la répercute à l'échelon du dessous: les directions régionales s'en prennent aux cadres, qui s'en prennent au chef de magasin, qui s'en prend à ses caissières. C'est quelques fois "le salaire de la peur."

Ceci dit,ceux qui rentrent dans ce métier pour l'action, le mouvement, les contacts, le management, le merchandising, le pilotage de la performance commerciale et le salaire ne seront pas déçus si et seulement si, le désir et la capacité d'évoluer sont en eux...