Profession : Commercial LIEU : Alsace Comment je suis arrivé là : J'étais assistant achat, et j'ai voulu évoluer vers un poste en "front". Concrêtement, il me manquait le fait d'être acteur de sa journée et ne plus servir de support à mes collègues en apportant ma valeur ajoutée à l'entreprise. Les postes de d'acheteur étant centralisés sur la région parisienne, j'ai lorgné vers le commercial... Je voulais de l'action, j'allais être servi !
Une journée type : Lever vers 6h30. Après un solide petit déjeuner devant la presse économique et généraliste du web, décollage vers 8h, direction le terrain. J'ai déjà étudié mon plan de route avant de partir, je démarre le GPS qui ne me quittera pas de la journée.
Sur la route, les traditionnels bouchons. J'en profite pour lire mes mails sur mon Blackberry. Les Alsaciens démarrent leur journée tôt, j'ai fréquemment plusieurs messages qui m'attendent. Je prends les actions correctrices quand c'est possible, le service client n'étant ouvert qu'à partir de 9h.
Premier RV, c'est l'heure de faire un tour du parc produits du client. Pourquoi n'a-t-il qu'une partie de mon offre ? Quelles sont les opportunités, les projets ? A quelles échéances ? Et surtout quels sont les freins. Ah tiens, un mobile en panne, je prends, ça sort de mes prérogatives, mais ça rassure toujours le client quand le dernier maillon du cycle de vente s'occupe de lui. Je l'enverrai en SAV au retour à l'agence.
Je prends des nouvelles de son activité, ça me permet de resituer par rapport au contexte régional, il y a toujours de bonnes informations à prendre. Les gens ne le savent pas, mais les commerciaux sont une mine d'information de par leur visites terrain. Je reprends la route. Environ 60 000 km/an, ça demande un peu d'organisation, surtout quand on rajoute les offres, les rendez-vous, la formation, les déploiements... et parfois la neige qui empêche tout déplacement, heureusement, c'est assez rare. Deuxième client, tiens un ajout de ligne, une commande c'est toujours bon à prendre. Eh oui, certains excellent en chasse, mais mon truc, c'est l'élevage.
Accompagner le client dans sa croissance comme dans les moments difficiles. Lui montrer qu'on est là pour lui. Grenouiller sur un compte et montrer un réel intérêt fait toujours la différence au final, encore faut il y consacrer du temps. Le midi, je dépile une autre série de mails. Déjeuner avec un ancien collègue ou un autre commercial du même secteur. Prise d'information réciproque sur les difficultés du marché, les projets qui n'aboutissent pas.
Parfois on tombe, sur un prospect difficile en commun, c'est toujours fructueux d'en parler. Nouveau départ sur la route, troisième et dernier rendez vous de la journée, un R1. Objectif : susciter la curiosité et amener mon prospect à me confier des éléments de sa comptabilité pour une analyse comparative ou qui me permettra de faire ma vente par les avantages et bénéfices en 2e RV. La journée est déjà bien avancée. Avant de remplir mon CRM, une dernière visite à une des boutiques de ma société orientée grand public.
Autour d'un café, c'est l'occasion de prendre la température du marché GP. Le B to B a beau être différent, les passerelles entre les 2 existent. Je repars souvent avec un lead ou deux, quand je peux renvoyer l'ascenceur, je n'hésite pas. Retour à la maison vers 19h, ce qui peut sembler peu, mais après tout je n'ai pas la responsabilité d'un centre de profit. Et je considère qu'une vie personnelle épanouie permet d'être serein dans mon activité pro. Avant de prendre du bon temps avec mon fils de 3 ans, un visu sur l'agenda pour mesurer les actions et RV d'ici la fin de la semaine. Le soir, une bonne douche et un bon bouquin permettent de déstresser à coup sûr.

Une anecdote sur mon job : Ce client qui était en redressement judiciaire. Il m'a fallu me battre en interne, ce type de client n'était pas des plus désirés. Malgré sa non connaissance de mon produit, il a décidé de me faire confiance d'un bout à l'autre de ma vente (qui devait déboucher plus tard sur une autre vente). Après mon départ de la société, j'ai appris dans la presse régionale que la société était reprise par un investisseur et que 250 emplois étaient sauvés. Le commercial était lui aussi soulagé pour son client ! Ce qui me plait : la variété et la richesse des contacts, si j'arrivais à discuter d'autre chose que de mes produits ou de l'entreprise du client en premier rendez-vous, alors j'avais fait plus que mon travail et posé les jalons d'une éventuelle future collaboration. Ce qui me déplait : les commerciaux qui pratiquent la terre brûlée et donnent à ce métier une odeur de souffre.