Une candidature sans réponse, un vrai supplice pour les candidats
Par christian chevalier le mardi 7 août 2007, 12:46 - => R.H. - Lien permanent
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RECRUTEMENT. Certains candidats n'obtiennent pas de réponse à leurs envois. Voici pourquoi. De Marion Moussadek "le Temps.ch"
Dans le classeur plein à craquer qu'elle empoigne d'une main rageuse, Angeline a soigneusement classé toutes les candidatures qu'elle a envoyées ces deux dernières années. Parmi elles, un tiers est resté sans réponse....
Sans réponse tout court. Ni courrier intermédiaire du type: «Nous accusons bonne réception...», ni réponse fermement négative: «Nous sommes au regret de vous annoncer que notre choix s'est porté sur un autre candidat...». Ni même de fausses promesses: «Toutefois, nous nous permettons de conserver votre dossier.»
A 27 ans, cette jeune femme, diplômée en Lettres et forte de quelques expériences significatives, cherche à se faufiler dans la communication. Au début, elle se rongeait les sangs en se demandant si son dossier s'était perdu ou si son profil était trop saugrenu pour le poste. Aujourd'hui, elle n'a pas baissé les bras et continue inlassablement sa recherche. En revanche, elle n'attend plus de réponse et s'attache davantage à faire acte de candidature dès qu'une lucarne se présente. Quitte à être à côté de la plaque.
Et c'est là souvent le problème. «Les employeurs sont submergés par les profils qui ne correspondent pas au poste. Ils finissent même parfois par préciser dans l'annonce que seuls les profils adéquats obtiendront une réponse, car répondre coûte du temps et de l'argent à l'entreprise», explique Maria-Anna di Marino, présidente de l'association vaudoise des professionnels des ressources humaines (RH).
Offres spontanées délaissées
Mais ce n'est pas la seule explication. «Quand l'offre est spontanée, il y a moins de chance que le candidat reçoive une réponse. Les entreprises se concentrent sur les profils dont ils ont potentiellement besoin, c'est naturel», analyse Catherine Pollo, de l'Office cantonal pour l'emploi (OCE), à Genève.
Toutes les professions sont-elles touchées de la même façon? Pour Christiane Morel, directrice du cabinet Ethys, spécialisé dans le recrutement de cadres et de spécialistes, le phénomène ne touche pas les profils dont elle s'occupe: «C'étaient les gros bourrus qui ne répondaient pas, mais leur éducation est quasi achevée!, lance-t-elle. Et dans notre cabinet, quand un candidat ne correspond pas à nos attentes, nous lui envoyons une réponse négative par courrier électronique dans les quarante-huit heures.» Catherine Pollo avance, quant à elle: «Dans le secteur de l'hôtellerie et de la restauration, la culture est plus orale qu'écrite. Bien souvent, les candidats se présentent et amènent leur dossier écrit à la main. L'employeur qui ne répond pas a donc peut-être davantage cours dans ce secteur.»
Et pourtant, des diplômés en Lettres aux enseignants, les contre-exemples ne manquent pas. Enseignante d'anglais et de français, Françoise a vu ses candidatures méprisées à maintes reprises «surtout dans le privé, pour des postes fixes et temporaires. A chaque fois, j'ai répondu à des annonces parues dans la presse et j'en ai vu de toutes les couleurs. Je me remettais en question, mon profil, mon âge, qu'est-ce qui pêche? Je ne relançais jamais, car je partais du principe que l'absence de réponse en était une.» Or justement, il faut relancer. C'est le conseil des professionnels consultés. Tous le disent: «Il ne faut pas hésiter, et au lieu de se recroqueviller en se disant qu'on est bon à rien, il faut s'affirmer et téléphoner.»
Petites structures qui parent au plus urgent, manque de moyens où les secrétaires et les comptables assurent la gestion des candidatures comme un à-côté de leur fonction, toutes les explications sont bonnes. Ainsi, les PME qui n'ont pas de département RH sont sans doute les premières où le bât blesse. Mais les grandes entreprises ne sont pas non plus à l'abri de «l'erreur humaine», du dossier égaré, ou de la faille interne.
«Pas sérieux»
Mehdi*, 41 ans, quinze ans d'expérience professionnelle, s'était plié à quatre entretiens consécutifs pour un poste au Soudan. Il était mis au concours par la Fondation Hirondelle, à Lausanne, une organisation qui implante des médias dans les zones de crise. Son départ devait être imminent. Il cherchait une assurance appropriée pour sa femme sur place. Et puis, plus rien. L'ultime confirmation ne vient jamais. «J'étais dépité, et le suis toujours, un an après. C'est incroyable, il s'agissait d'un départ de taille où j'envisageais de sous-louer mon appartement, de louer un garde-meubles, de déléguer à un ami la gestion de mes factures, de faire les vaccins nécessaires, etc. J'avais même décliné les invitations aux mariages de l'été. Avec le recul, je considère que ce n'est pas sérieux.»
En fait, Mehdi a fait les frais d'un dysfonctionnement interne sans le savoir. Son recrutement est intervenu au moment où la Fondation se dotait d'un nouveau directeur qui a fait un passage éclair (six mois environ). Ce poste clé, mi-vacant, mi-occupé, a pesé sur la gestion globale. Interrogé, l'administrateur de la Fondation, Dennis Roshier, assure que le système a changé: «Nous avons eu beaucoup de plaintes des candidats. Nous avons désormais une procédure de suivi, et nous nous réunissons une fois par mois pour les dossiers en suspens.»
Aucune excuse
«Il n'y a aucune excuse à ne pas répondre, c'est une question de savoir-vivre», estime pour sa part Maria-Anna di Marino. «Car derrière une candidature, il y a toute une démarche: la formulation de la lettre, son impression, le timbre, le trajet à la poste, l'attente.»
Le portail PME du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) conseille: «Lorsque vous recevez les premières candidatures, vous devriez confirmer chaque lettre par une réponse provisoire.» Mais aucun garde-fou juridique, contraignant le recruteur à rendre réponse au candidat, n'existe.
L'employeur ne peut cependant pas disposer des dossiers comme il l'entend. Il doit les retourner aux candidats s'il s'agit de dossiers de candidature complets ou les détruire s'ils ne contiennent qu'une offre d'emploi accompagnée d'un curriculum vitae, conclut Marianne Favre Moreillon, spécialiste en droit du travail à Lausanne.



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Commentaires
La solution est de rappeler l'employeur au bout d'un certain moment pour lui demander son sentiment au sujet de notre candidature, sinon effectivement on peut attendre longtemps dans certain cas...
@ bientôt Christian
On peut comprendre de la part des PME que ce soit un investissement temps pour répondre...mais peut-être manque-t-il aux responsables d'avoir eux-mêmes eu à chercher un job...
Oui Carole,
2 à 3 semaines en moyenne avant de rappeler, il faut le faire systèmatiquement et si le N° de Tel n'est pas connu, j'ai personnellement une astuce, j'envoie par mail ou par courrier (je sais cela fait encore un timbre...mais bon) un epetite cartounette sur laquelle j'écris
Dupont Durand
se demande si son courrier du
27 juin 2005 vous est bien parvenu
(Vous invite à le recontacter au numéro de téléphone ci-dessous)
12, rue de la République
83000 Toulon 06 10 20 30 40 50
et ça marche à tous les coup...
Touline,
Il est vrai que certains n'ont jamais connu le chômage, tant mieux ou tant pis ??? objet d'un grand débat...
Ceci dit, chômage ou pas, tu as raison de souligner à nouveau les valeurs qui doivent accompagner la démarche des employeurs et candidats dans leurs quêtes respectives; le respect, le bon sens et un peu d'empathie...
... La solution miracle existe-t-elle ? Rappeler ou ne pas rappeler ? Personnellement, j'ai toujours la culture de l'écrit... Par oral, soit ce n'est pas la bonne secrétaire, soit pas au courant, difficile d'avoir le bon interlocuteur... Le plus dur c'est toujours l'entre deux : cela m'intéresse mais... Je rejoins Christian : qui n'a pas vécu la situation, ne peut comprendre... Courage à tous...
L'attente d'une réponse, c'est comme l'attente d'un poste sans chercher. Il faut souvent provoquer, interpeller avec une dose de subtilité pour attirer la curiosité sur notre profil. La motivation et la ténacité tant recherché par les recruteurs commence avant l'entretien pour se poursuivre en tête à tête.
En tout cas il ne faut jamais laisser planer un sentiment négatif et savoir prendre du recul pour mieux avancé. Certes ce n'est pas facile, mais il n'y a rien de facile dans la vie.
Merci pour ce rappel Christian.
Cordialement
Sujet de discussion trés intéressant. Je suis moi-même en recherche d'emploi mais ce depuis 2 mois seulement. Pareil, dans mon petit classeur on retrouve toutes les offres auxquelles j'ai postulé et bien sûr pas de réponse pour la plupart.
Majoritairement je reçois dès l'envoi de ma candidature, un petit mail me disant : "Nous avons bien reçu votre candidature, nous prendrons en compte votre profil. Toutefois, si vous ne recevez pas de réponse de notre part d'ici trois semaines, veuillez considérer que votre profils n'était pas celui que nous recherchions."
Alors voila, c'est sur que ce serait sympa de recevoir une réponse peu importe sous quelle forme.
Et je suis tout à fait pour le fait que nous devons rappeller aprés une lettre envoyée, même si cela coûte du temps et de l'argent.
Sylve,
L'ecrit est très important comme peut l'être l'orale dans certaines situation, je l'utilise par exemple en ce moment beaucoup, pour demander à mon interlocuteur les points qui ont "pèchés"...histoire de me faire avancer un peu plus et je ne raccroche jamais, sans demander la possibilité de me mettre en contact avec une personne de son réseau succeptible d'être intéressé par mon profil...
Je crois que cela laisse un souvenir marquant et une bonne image...
Un bon mix orale, écrit...voila peut-être la solution...
Christophe,
je n'ai rien à ajouter sur ton analyse, si ce n'est que souvent, les efforts ne sont malheureusement pas réciproques, ce qui a pour effet d'entamer la motivation...
Malory,
Gardons la motivation de notre côté, un jour viendra où le retour sera grand...
Le marché de l'emploi est un cercle vicieux et intelligent parfois, il faut se plier, (en faire une pointe tranchante, et vitale, comme on était autrefois en cellule, pour se frayer un passage sur l'embrillon et devenir grand une fois à l'intérieur du cercle). Belka
Merci Ben de votre passage et de vos impressions sur la question... attente active donc ! "s'armer" de patience dans tous les sens du terme...