La GRH dans la Fonction publique, l'exception Française...
Par christian chevalier le mercredi 17 octobre 2007, 15:18 - => R.H. - Lien permanent
La gestion par "corps" est un héritage de l'organisation professionnelle et sociale de l'Ancien Régime fondée sur les corporations des métiers.
La France est le seul grand pays à avoir encore une telle structuration. L'Espagne a réformé son système en 1984. Quant au Royaume-Uni, suite au rapport Fulton publié en 1968, il a mis fin à son système de "classes" (on en a compté jusqu'à 1 400), pour une gestion des carrières.
Les "corps" constituent l'ossature mentale et technique de la fonction publique. C'est cette architecture-là que le gouvernement souhaiterait voir disparaître au profit d'une "gestion par métier". La définition d'un corps - qui concerne aujourd'hui stricto sensu la fonction publique d'Etat (FPE), la fonction publique hospitalière (FPH) et la Mairie de Paris - est difficile à donner. Le rapport du Conseil d'Etat intitulé "Perspectives pour la fonction publique", publié en 2003, rappelle que "les corps groupent les fonctionnaires soumis au même statut particulier et ayant vocation aux mêmes grades". Un cadre pour le moins "elliptique".
Entre 1 500 et 1 700 est évalué le nombre de corps dans la FPE, dont 900 encore "vivants", c'est-à-dire où il existe des recrutements. Certains regroupant de gros bataillons comme les professeurs certifiés ou les gardiens de la paix, d'autres comptant quelques dizaines de personnes, à l'instar des magasiniers de la Cour des comptes. 72 % des fonctionnaires sont régis par 44 corps !!!
En 2007, on compterait 500 corps vivants environ, selon le ministère de la fonction publique. Avec presque autant de règles de recrutement, de rémunération, de promotion, et de mobilité !!!

"Ce système complique la gestion des ressources humaines, explique Eric Gristi, auteur de La Réforme de l'Etat (Vuibert, 2007). Dans une administration peuvent coexister des agents occupant une même fonction mais appartenant à des corps distincts, avec différents échelons, grades et modes d'avancement."
S'ajoute une autre difficulté : le frein à la mobilité professionnelle et géographique, malgré les procédures de détachement en place..."Elles sont lourdes, car l'agent doit obtenir l'autorisation de son corps et de celui dans lequel il souhaite évoluer. Dans la pratique, ces transferts ne sont guère valorisés. Les carrières sont cloisonnées au sein des corps."
Commentaires
C'est nébuleux...
Un fonctionnaire a vocation à évoluer au sein de son propre corps. Il peut toutefois être amené à changer de corps en obtenant un détachement dans un autre corps (il relève alors temporairement de deux corps différents) et en se faisant titulariser dans le nouveau corps dit « corps d'accueil » ou en étant promu directement dans un corps supérieur (une telle possibilité n'est généralement accordée qu'aux fonctionnaires ayant atteint un âge déterminé) à l'occasion d'une réorganisation ou d'une fusion de corps. L'autre méthode est de mettre le corps « en extinction ».
Comme suite à ton billet, j'ai voulu me renseigner... et je pense mettre égarée. J'attends la réforme.
... un peu de modernisme et de dépoussièrage feront le plus grand bien...
A corps perdus, à corps et à cris, corps à corps, à bras le corps, à corps défendant, et bien d'autres encore...