QUEL BOULOT!!!???
Par christian chevalier le lundi 26 novembre 2007, 03:00 - =>QUEL BOULOT!!!??? - Lien permanent

CE LUNDI, LE JOB D' ERIC
Profession :
spécialiste ayant plusieurs années d’expérience en gestion logistique, achats transports et production, actuellement en recherche d'un emploi dans mon domaine de compétence, après 4 ans d'expatriation en Amérique du sud
Lieu :
ANNECY / SAO PAULO
Comment je suis arrivé là :
Par pur hasard, ma vie professionnelle à commencé dés la fin de mon service militaire en 1982. Un BAC G2 option comptabilité en poche, comme beaucoup de jeune, je me suis retrouvé sur le marché de l'emploi sans savoir ce que j'allais réellement faire ou devenir. 2 mois après mettre inscrit à l' ANPE, celle ci m'envoya une convocation pour un entretien, celui ci se passa sans réelle conviction de ma part, à 19 ans et après 12 mois de service militaire on pense plus à sortir entre amis que de bosser. La première surprise de ma vie professionnelle démarra, avec un démarrage dans le secteur bancaire. Cette expérience durera environ 6 ans, et me permettra d'endosser tous les types d'emplois proposés par cet employeur. Le salaire n'étant pas motivant déjà à l'époque et aujourd'hui aussi, mes besoins étant plus précis en matière de rémunération mensuelle, et oui, avec l'âge, nos dépenses augmentant proportionnellement, surtout dés que l'on change de statut de célibataire à celui de couple, je me mis en recherche d'un emploi plus valorisant et lucratif.
la chance ou encore le hasard, se présenta à ma porte une seconde fois, durant mes sorties nocturnes de fin de semaine en discothèque, je m'étais lié d'amitié avec un jeune dont le père possédait une usine de fabrication de produits manufacturés pour le BTP en zone frontalière. A cours de nos diverses discutions, je lui avais fait part de mon désir de changer de boulot. Il me fit une proposition d'embauche émise par son père, je mis 2 ans avant de prendre ma décision, car d'un côté j'avais un boulot tranquille d'employé de banque avec un CDI à vie peu valorisant à long terme et de l'autre je risquais de partir dans une inconnue, vers un emploi d'encadrement dans un monde industriel que je ne connaissais pas. Je choisi donc la voie qui me semblait la plus intéressante pour mon avenir professionnel, à 25 ans cela fût la meilleure option, en l'espace de quelques années j'appris donc un nouveau métier, sur le terrain en commençant en bas de l'échelle, et petit à petit, je gravis les échelons qui me menèrent rapidement à des fonctions élargies d'encadrement d'un service logistique en moins de 3 ans, avec une diversité de compétences acquises au fil du temps, par des stages de formation continue sur des techniques reconnues en amélioration des process de gestion, allant du management de personnel, à la gestion de production (ordonnancement de ligne de fabrication) en passant par la gestion des stocks (informatisation et fiabilisation), des achats de prestations externes (5millions d'€ en 2001 de budget) et de la gestion et mise en places des procédures qualités ISO durant mes 14 années passées au sein de cette société familiale, qui dans le même temps connu une expansion d'activité sans précédente conséquence d'une ouverture vers l'international dés 1992.
Le milieu de l'année 2002 fût un moment charnière dans ma carrière, une restructuration industrielle, suivi d'un plan de redressement judiciaire de mon employeur, puis d'un rachat complet de la société, par un groupe italien de renommé, se traduisit par le départ d'un grand nombre de salariés de la société (70% de l'effectif) et la vente de 2 sites de production, un dans le Nord de la France et un en région Rhône Alpes. Libre de tout engagement, après quelques mois de flottement, une opportunité se présenta à l'étranger dans une activité nouvelle, complètement à l'opposé de mon profil mais tout aussi captivante, dans la reprise d'une affaire commerciale. Le pas fût franchit après mur réflexion fin 2003 et durant 4 ans je me suis investi dans ce projet qui m'apporta beaucoup de satisfaction et me conforta dans mon professionnalisme sur la façon de gérer un centre de profit en mettant à profit mes acquis.
Aujourd’hui fin 2007, je dispose d’un profil professionnel complet, qui me permets de m’adapter en principe à tous types de missions au sein de n’importe quelles entreprises, tournant sur les problématiques de la logistique, des transports, du stockage, de la production et des achats.
Une journée type :
Je ne vous ferai pas la description d'une journée type d'un logisticien, n'étant pas en fonction, il m'est difficile de vous raconter une situation qui ne me concerne pas dans l’immédiat, par contre actuellement en recherche d'un emploi suite à mon récent retour de l'étranger, je peux vous relater comment se passent mes journées au quotidien.
Pour garder un bon rythme, je me lève tôt le matin, sur les coups des 7H du matin, j'allume mon pc portable pendant la prise de mon petit déjeuner, et ensuite durant 2 à 3h00, je visualise toutes les annonces postées sur les différents sites d'offre d'emploi accessible en ligne sur le web, et j'ouvre ma boite aux lettres Internet pour lire mon courrier électronique reçu.
Durant ces 3 heures passées quelques annonces feront l'objet d'un examen attentif de ma part sur leurs contenus et leurs possibles compatibilités par rapport à mon profil, pas la peine de répondre inutilement à toutes les annonces qui ne correspondraient pas à mon projet de retour à l'emploi. Brasser du volume, n'est pas forcément rentable et source souvent de perte de temps.
Généralement l'après midi est consacré à des activités autres, rédaction sur un blog personnel, intervention sur des forums spécialisés etc. qui me permettent de faire le vide et de rester zen par rapport à une situation stressante et oppressante au quotidien que toute personne sans emploi connaît bien, me concernant, je suis au dessus de toutes contraintes financières ce qui me permets de garder un optimisme très fort et à toutes épreuves de déconvenue, mon expérience de 4 ans à l'étranger m' a permis d'acquérir une certaine philosophie de vie, différente de celles que connaissent un grand nombre de Français.
Une anecdote sur mon job :
l'anecdote sur mon job, remonte à quelques années déjà, mais reste bien ancré en moi, et fait sourire les gens lorsque je l'évoque. Lors de l'installation d'une unité de fabrication au Brésil, j'ai été amené à mettre en place des procédures de travail pour le personnel local, chargé du stockage et de la manutention des produits fabriqués. A un moment donné en collaboration avec le responsable informatique, il fallait paramétrer l'unité centrale et renseigner le niveau de stock produit par article dans le programme de gestion. Pour réaliser cette opération, j'appelais un employé et je lui demandais d'aller me faire un inventaire physique de l'ensemble des produits, chose qu'il fit avec une conscience professionnelle sans commune mesure. Après avoir passé 3 h à comptabiliser les produits, il m'amena le résultat de son travail, il me tendit une feuille sur lequel apparaissait un seul et unique chiffre !!!!! le pauvre gars avait passé son temps à tout compter sans différencier les produits, ce qui en final était risible mais sans utilité, pour ne pas montrer ma déception, car m'étant aperçu du faible niveau intellectuel de la personne ( au Brésil beaucoup de gens n'ont pas la chance d'aller à l'école de façon continu), je lui ai fait recompter progressivement tous les produits par catégories, à l'assistant, invoquant de légères différences comptables.
Ce qui me plait :
Dans le métier de logisticien, la partie plaisante, et la satisfaction de voir que tout fonctionne en temps et en délai comme on l'avait imaginé, en ayant prévu tous les cas de figure qui auraient pu être le grain de sable dans une organisation parfaite. Le logisticien est fier de lui quand il a réussi à imposer sa vision globale sur une organisation existante et que celle ci fonctionne sans à coup, en anticipant et en corrigeant au fil du temps tous les aléas imprévisibles ou prévisibles.
En 2001, j'avais en charge une unité de fabrication qui tournait en flux tendu, sans marge de manœuvre, la demande client étant largement supérieure à la capacité de production de l'ordre de 6 pour 1, et les contraintes financières imposés par les clients à la société mettaient une pression énorme aussi bien sur la production que sur la logistique qui devait assurer et garantir des livraisons dans des délais imposés, sous peine de forte pénalités de retard par jour constaté.
A l'époque, au fil des jours, en optimisant les plannings de production, en grattant ici et là des temps de production, en gardant de la réserve sous le pied, en jouant avec les jours fériés qui laissaient un peu de répit dans la cadence des livraisons, j'étais arrivé à constituer un petit stock de sécurité, que les services commerciaux, sans cesse, me relançaient pour en disposer et ne semblaient pas comprendre mon entêtement à ne pas leur céder. L'utilité de ce stock se fit jour, lorsqu'un début d'incendie se déclara dans l'unité de production, dû à un impact de foudre, qui vit un arrêt total de production pendant plus de 8 jours, grâce au stock constitué, les livraisons furent honorées et les clients ne furent pas pénalisés, ni la société, car dans le cas inverse, à 15 000,00 € par retard constaté, l'addition auraient pu être élevé soit dans les 300 000, 00€ qui n'auraient pas couvert par le contrat d'assurance qui lui garantissait le matériel et les pertes de production, mais pas les conditions de ventes des produits.
Ce qui me déplait :
Le métier de logisticien est un métier difficile, il est l'interface entre les services commerciaux et la production et subit de plein fouet tous les maux issu des dysfonctionnements internes et même externes à l'entreprise, d'ou la nécessité de trouver les solutions qui puissent convenir à tous, y comprit satisfaire les exigences des clients, qui passera obligatoirement par le besoin de maîtriser toute la chaîne d'information (supply chain) de l'arrivée de la commande à la livraison et d'avoir une bonne vision de l'ensemble des composants dans lequel il va devoir évoluer.
Il doit impérativement voir ses pouvoirs étendus au maximum, il est le maître d'orchestre dans une entreprise, si sa fonction se cantonne uniquement à la gestion des entrées/sorties de produits et qu'il n'a pas son mot à dire sur la gestion de la production et sur la politique commerciale de l'entreprise, il est voué à être le bouc émissaire qui encaissera toutes les remarques journalières désagréables sur tous les dysfonctionnements existants.
1) La production pourra lui reprocher de ne pas faire tourner les stocks, d'avoir une quantité de retour de produits sur parc, abîmés important, en oubliant au passage qu' à l'origine, c'est elle qui aura trop fabriqué des produits, sans s'assurer d'avoir des besoins réels en face.
2)les services commerciaux feront remonter le mécontentement des clients sur la taux de reste à livrer important, conséquence d'erreur de gestion de production, sur le non respect du délai de livraison accordé par eux et non par le logisticien etc...
3) les clients sur information des commerciaux, prendront le service expédition pour cible du non-respect de leur délai de livraison, des restes à livrer, du retard des transporteurs etc..
Commentaires
Parcours passionnant ! Le logisticien est de plus en plus indispensable !
C'est effectivement un métier passionnant, qui doit être extrêmement prenant ! Mais, à mon avis, on ne s'y ennuie jamais ...
La logistique est effectivement un métier véritablement transversal...
Merci pour ces commentaires très très "du matin" Valériane...