Profession :

Je suis Libraire. Ce fut d'abord une envie, puis au fur et à mesure que je découvrais ce métier par des expériences successives, une évidence. Aujourd'hui, je ne conçois pas d'exercer un autre métier. Etre libraire, c'est bien sûr une passion pour les livres, et l'envie de la partager. Mais ce n'est pas seulement cela (on peut partager sa passion pour les livres à travers bien d'autres métiers !). Etre libraire, c'est aussi être un commerçant : il faut apprécier le contact avec la clientèle, posséder une grande rigueur et un sens certain de la gestion, être réactif, et ne pas avoir peur de la manutention ! Si l'on a conscience de tous ces aspects du travail, et que l'on est prêt à s'investir (le travail ne s'arrête pas lorsque l'on rentre à la maison : il faut lire, parfois écrire des articles, gérer des animations, ...), alors ce métier peut être, comme il l'est pour moi, le plus beau du monde !

Lieu :

J'ai eu la chance d'effectuer mes années d'apprentissage dans une des plus belles librairies de France : la Librairie Coiffard, en plein coeur de Nantes. C'est une grande librairie généraliste qui, dans un décor à l'ancienne (boiseries,...), vous propose notamment de superbes ouvrages d'art et un fond très important en littérature, où les libraires vous conseillent leurs derniers coups de coeur. Changement de décor : je suis embauchée à partir de février à Saint-Nazaire, pour faire partie de l'équipe qui va mettre en place le nouvel Espace Culturel Leclerc qui ouvrira en mars. Je passe d'un extrême à l'autre, me direz-vous... Eh bien pas tant que cela. En effet, de ce que ma rencontre avec le responsable de la surface me laisse penser, on devrait me laisser exercer mon métier comme je l'entends. Et puis, il est certain que cette expérience d'implantation sera des plus enrichissantes qui soit.

Comment je suis arrivé là :

Un jour, ça a fait « TILT ». Après avoir compris que devenir une réalisatrice de cinéma mondialement connue n'était peut-être pas à ma portée, je me suis posée LA question : « bon, maintenant soit sérieuse, qu'est-ce que tu veux/peux faire dans la vie ?». C'est là que j'ai compris, comme une évidence. Depuis toute petite, je hantais les rayons des librairies, lisant toutes les quatrièmes de couverture qui passaient à ma portée. Au collège, la Librairie Siloë, à Laval, était pratiquement devenue ma deuxième maison (ce qui explique pourquoi ce sont eux qui m'ont donné ma première expérience de libraire, comme job d'été). Une fois que ma décision a été prise, tout ce que j'ai fait par la suite (études, jobs saisonniers, ...) a visé vers ce but. Pensant qu'une culture générale était un pré-requis nécessaire, je suis allée à la fac passer un DEUG de Lettres Modernes. Durant tout ce temps, je me suis arrangée pour que tous mes jobs se fassent dans l'univers de la librairie. Ensuite, je me suis dirigée vers la formation professionnelle la plus appréciée des libraires, car en alternance : le BP. Voilà pourquoi, avec la détermination dont j'ai fait preuve pour exercer ce métier, je me retrouve jeune diplômée avec un CV qui totalise près de 5 ans d'implication en librairie... Ce qui s'est révélé profitable puisqu'il aura fallu à peine un mois de chômage pour décrocher un CDI ! :-)

Une journée type:

Il est difficile de décrire la journée-type d'un libraire tant ses tâches seront différentes suivant qu'il fait partie d'une grande structure ou est le seul employé d'une petite boutique (polyvalence obligatoire). Je vais donc plutôt vous décrire la journée d'une librairie. Le matin, bien avant l'ouverture, les transporteurs livrent les commandes de livres. La personne à la réception ouvre les cartons, vérifie leur contenu qu'il compare avec la facture et la commande, et les entre en stock dans l'ordinateur (il existe encore des librairie non-informatisées, mais c'est une minorité désormais). Pendant la journée, il faut renseigner et conseiller les clients, s'occuper de la caisse, mais aussi ranger en rayon les arrivages du matin et éventuellement pointer les ventes de la veille, passer les commandes de réassort. Autant vous dire, donc, que les journées peuvent être chargées, surtout quand, comme c'est de plus en plus le cas partout, la librairie est en sous-effectif. Et le soir chez soi, eh bien on lit ! :-) (en effet, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, le libraire n'a pas le temps de lire sur son lieu de travail...)

Une anecdote sur mon job :

Plus qu'une anecdote, j'ai envie de partager sur certaines rencontres qui ensoleillent vraiment une journée. Quand le dialogue passe vraiment bien avec un client et qu'il revient pour dire qu'il a adoré et pour que l'on lui en conseille de nouveaux. Et qu'au fil de ces rencontres, on finisse par le connaître assez pour lui dire : « Ah, tenez : j'ai lu ça et c'est exactement pour vous ».



Ce qui me plait :

Il y a ces rapports humains que je viens de décrire, qui sont très enrichissants. Il y a surtout le fait de vivre entourée de livres : le fantasme du gourmand dans une confiserie (même si cela va de pair avec la frustration : « comment ça, je ne peux pas TOUT lire ? »). J'ai une chance incroyable de faire ce métier !



Ce qui me déplait :

Question difficile au premier abord ! Je dirais que ce qui est difficile, c'est surtout le rythme des journées (en particulier lors des pics d'activité saisonniers : Noël, la rentrée, les vacances, ...). Or il s'agit d'un métier commerçant, donc il faut savoir garder une humeur égale (je ne l'ai pas dit, mais tous les clients ne sont pas adorables...;-) ). Si l'on sait surmonter cela, le seul point négatif est le salaire, qui commence au plus bas et évolue peu. Eh oui, on ne fait pas ce métier pour devenir riche !