Histoire de Licenciement...
Par christian chevalier le mercredi 9 avril 2008, 09:09 - => Histoire...de Licenciement... - Lien permanent

Méconnaissance des critères de l'ordre des licenciements : Quelle sanction?
L’employeur, arrêtant nécessairement des critères pour déterminer l’ordre des licenciements, doit obligatoirement communiquer ces critères si le salarié le demande. L’ignorance de ces critères peut rendre incompréhensible le motif réel d’un licenciement et ainsi entraîner un préjudice pour le salarié. Reste à savoir de quelle nature sera la réparation.
La petite histoire :
Suite à l’adoption d’un plan de cession, une employée est licenciée pour motif économique. Elle écrit une lettre à l’administrateur judiciaire afin de connaître les critères de l’ordre des licenciements, lettre restée sans réponse. La non communication de ces critères pouvait-elle priver le licenciement de cause réelle et sérieuse ?
Ce que disent les juges :
Le manquement de l’employeur, qui a prononcé un licenciement pour motif économique, à son obligation d’indiquer au salarié qui le demande les critères de l’ordre des licenciements, ne prive pas le licenciement de cause réelle et sérieuse.
Il ne constitue qu’une irrégularité qui cause nécessairement au salarié un préjudice.
Préjudice que le juge doit réparer en fonction de son étendue.
Ce qu'il faut retenir :
- En cas de licenciement économique, l’employeur est tenu d’indiquer aux employés qui le demandent les critères de l’ordre des licenciements.
- La méconnaissance de cette obligation constitue pour le salarié un préjudice qui lui ouvre droit à réparation.
- Le montant des dommages et intérêts octroyés au salarié licencié sera évalué en fonction de l’étendue du préjudice subi.
- La non communication des critères ne peut en aucun cas rendre le licenciement dépourvu de cause réelle et sérieuse.
Rappel : Le salarié doit présenter sa demande de communication des critères de l’ordre des licenciements par lettre recommandée avec accusé de réception dans les dix jours suivant la date à laquelle prend fin son contrat de travail. L’employeur dispose d’un délai de dix jours pour répondre.
Article L.321-1-1 du code du travail
Arrêt de la chambre sociale de la cour de cassation du 2 février 2006, N° 03-45443






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Commentaires
Bonjour Maître Christian,
C'est en effet un détail important que tu soulèves là. Je t'avoue que j'ignorais que l'ordre du licenciement était important. iI me semblait que le dernier arrivé était le premier sorti.
Je note cela dans un coin de ma tête. Merci
Merci Christian, le droit du travail est en effet un élément important à connaître... Merci de nous éclairer de ta lanterne...
Bien à toi
Sylve
Oui, merci Christian, c'est très utile (même si en ce moment - mais je crains de n'être pas la seule - je rêve plutôt "d'histoires d'embauche"...)
Encore une fois tu fais preuve d'une communication exemplaire. Merci de ce partage.
Cordialement
Nathalie,
"Tout est possible...c'est le jeu de la vie"
Sylve,
Oui, même si cette règle assez curieuse il faut bien le dire, m'était inconnue. J'ai pensé qu'elle surprendrait et intéresserait quelques uns d'entre nous.
Véronique,
j'en rêve aussi de cette embauche... Mais je trouve aussi que, bien connaitre l'envers du décor peut être bénéfique aussi... c'était le but de ce sixième billet de ma rubrique "Histoire de licenciement".
Christophe,
Merci... il me tarde vraiment de lire ton prochain partage aussi...
Merci Christian, en effet, il est toujours bon d'être renseigné à ce propos !
Bien sûr Christian, je sais, et c'est important
Coucou Christian,
Si tu savais (et peut-être que tu le sais) à quel point la Loi est facile à être contournée en la matière !
La société pour laquelle je travaille a fermé plusieurs filiales en raison de la cessation d’activité, qui avait été décidée de façon arbitraire. La seule obligation fixée par la DDTEP était la constitution d’une Commission de suivi pour les salariés qui avaient adhérés au PSE.
Si tu savais à quoi ressemblaient les « contrôles » inhérents au reclassement des salariés, je pense que tu aurais du mal à me croire.
Les critères ? On les module à souhait selon les personnes que la Direction souhaite ‘’conserver’’. Les sanctions ? 2 mois de salaire maximum que l’employer peut être condamné à verser au salarié. Mais encore faut-il que ce dernier présente sa demande auprès du Conseil de Prud’Hommes, et l’accompagne de preuves.
Je suis navrée pour cette vision alarmiste mais je la vis au quotidien.
C’est la raison pour laquelle l’idéal serait d’intégrer une entreprise dirigée par un vrai Leader car lui, il préserve toujours son ‘’fond de commerce’’ : le facteur humain.
Au plaisir de te lire ...